On a tous un sac de fringues trié depuis des semaines qui traîne dans l’entrée. Le problème n’est jamais le tri, c’est le choix du canal : faut-il passer par une plateforme, se déplacer en boutique ou accepter l’offre de reprise d’une enseigne ? Chaque option implique un compromis différent entre le prix obtenu, le temps investi et la simplicité du processus. Vendre ses vêtements en échange d’argent ne se résume pas à poster une annonce sur Vinted.
Prix moyen par canal : ce que rapporte réellement la revente de vêtements
Selon les données Refashion pour 2025, le prix moyen d’une pièce revendue varie fortement selon le circuit. Dans les réseaux de l’économie sociale et solidaire (Emmaüs, Le Relais), une pièce part en moyenne à 3,40 euros. Entre particuliers (Vinted, Leboncoin), on monte à 9,40 euros. Et dans les offres de seconde main lancées par les marques ou enseignes, le prix moyen atteint 16,70 euros par pièce.
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Ces écarts s’expliquent par le positionnement. Une association revend à bas prix pour remplir une mission sociale, pas pour augmenter la marge du déposant. Une plateforme entre particuliers reflète le prix que l’acheteur est prêt à payer, négociation comprise. Les programmes de reprise des marques, eux, ciblent souvent des pièces de marque en bon état, ce qui tire la moyenne vers le haut.

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Concrètement, si on revend un pull Sézane, la différence entre un dépôt solidaire et une revente directe peut aller du simple au quintuple. Pour un tee-shirt basique Zara, l’écart se réduit, mais la logique reste la même : le canal choisi détermine le montant autant que la pièce elle-même.
Reprise en magasin par les marques : le canal qui progresse le plus vite
On parle beaucoup de Vinted, moins des programmes de reprise proposés directement par les enseignes. Les données Refashion montrent que ce segment a progressé de 15 % en volume et 16 % en valeur en 2025. C’est la croissance la plus rapide du marché français de la seconde main.
Le principe est simple : on dépose ses anciens vêtements dans un magasin participant. En échange, on reçoit un bon d’achat ou, plus rarement, un virement. Certaines enseignes appliquent un barème fixe par type de pièce, d’autres évaluent au cas par cas.
Avantages et limites de la reprise en magasin
- La rapidité est le point fort : pas de photos à prendre, pas d’annonce à gérer, pas de négociation avec un acheteur. On dépose, on repart avec un bon ou un paiement.
- Le paiement se fait souvent en bon d’achat valable dans la même enseigne, pas en argent liquide. Vérifiez les conditions avant de vous déplacer.
- Les marques n’acceptent pas toujours les pièces d’autres marques, ni les pièces abîmées. Le taux de refus peut être élevé si le tri n’est pas fait en amont.
Ce canal convient quand on veut se débarrasser d’un lot rapidement, qu’on est déjà client de l’enseigne et qu’on ne cherche pas à optimiser chaque euro. C’est la solution la plus rapide, pas la plus rentable.
Vente entre particuliers : Vinted, dépôt-vente et alternatives concrètes
La vente entre particuliers capte 42 % des volumes et 48 % de la valeur du marché de la seconde main en France. Ce n’est pas un hasard : c’est le canal où le vendeur fixe son prix et garde la plus grande part.
Plateformes en ligne (Vinted, Leboncoin, spécialistes)
Vinted reste la référence pour les particuliers. L’inscription est gratuite, les frais sont supportés par l’acheteur, et la visibilité est immédiate. Des sites spécialisés comme Once Again ou Prêt à Changer proposent un rachat cash : on envoie ses pièces, le site les évalue et propose un prix. C’est plus rapide qu’une vente individuelle, mais le montant proposé est inférieur à ce qu’on obtiendrait en vendant soi-même.
Sur Leboncoin, la négociation est plus directe et les frais de port restent à organiser entre acheteur et vendeur. L’outil convient bien pour les pièces volumineuses (manteaux, chaussures) ou les lots.
Dépôt-vente physique
Les boutiques de dépôt-vente prennent une commission (souvent entre 30 % et 50 % du prix de vente final). On dépose ses vêtements, la boutique s’occupe de la mise en rayon, de la vente et du suivi. Les retours varient sur ce point : certains déposants récupèrent un montant correct sur des pièces de marque, d’autres trouvent que la commission rogne trop la marge.
L’avantage, c’est qu’on délègue tout. L’inconvénient, c’est qu’on ne maîtrise ni le prix affiché, ni le délai de vente, ni le sort de la pièce si elle ne trouve pas preneur.

Associations et réseaux solidaires : argent ou pas ?
Emmaüs, Le Relais, la Croix-Rouge : ces structures collectent massivement les vêtements. On y pense d’abord pour le don, pas pour gagner de l’argent. Et c’est logique : ces associations revendent à prix très bas ou recyclent les textiles.
Dans la plupart des cas, donner à une association ne rapporte pas d’argent directement. Certaines structures proposent un reçu fiscal qui donne droit à une réduction d’impôt, mais ce n’est pas un paiement immédiat. Ce circuit concentre 41 % des volumes du marché, mais seulement 17 % de la valeur, ce qui confirme que la mission est sociale, pas commerciale.
Si l’objectif premier est de gagner de l’argent avec ses vêtements, les associations ne sont pas le bon canal. Si l’objectif est de vider vite un placard tout en donnant une seconde vie aux pièces, c’est en revanche le circuit le plus simple et le plus rapide : on dépose dans un point de collecte, c’est terminé.
Quel canal choisir selon sa situation
- Pièces de marque en bon état, temps disponible : vente entre particuliers sur Vinted ou Leboncoin pour augmenter le prix.
- Lot important, peu de temps : rachat cash sur un site spécialisé (Once Again, Prêt à Changer) ou reprise en magasin.
- Vêtements courants sans marque identifiable : dépôt en association ou reprise en enseigne, car le prix de revente entre particuliers sera trop faible pour justifier l’effort.
- Pièces haut de gamme ou luxe : dépôt-vente physique spécialisé ou Vestiaire Collective, où la commission est compensée par un prix de vente plus élevé.
Le meilleur canal dépend du rapport entre la valeur de la pièce et le temps qu’on est prêt à y consacrer. Un manteau de créateur mérite une annonce détaillée. Un lot de basiques usés, non. Adapter le circuit à chaque type de vêtement reste la seule méthode qui tient la route sur le long terme.

