Où vendre des vêtements seconde main ?

Vendre des vêtements de seconde main ne revient pas au même selon le canal choisi. Le prix moyen obtenu par pièce varie du simple au quintuple entre un réseau solidaire et une friperie spécialisée. Avant de déposer une annonce ou de remplir un sac, comparer les écarts de rémunération, le temps investi et le type de pièces acceptées permet de choisir le circuit le plus adapté à son dressing.

Prix moyen par canal de vente : ce que rapporte réellement chaque option

Les données publiées par Refashion pour l’année 2025 permettent de mesurer l’écart entre les principaux circuits de revente en France.

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Canal de vente Prix moyen par pièce Exemples
Friperies et corners de marques environ 16,70 € Corners en boutique, friperies sélectives
Plateformes entre particuliers environ 9,40 € Vinted, Leboncoin, Vestiaire Collective
Réseaux solidaires environ 3,40 € Emmaüs, ressourceries

L’écart est net : une pièce vendue en friperie ou via un programme de reprise de marque rapporte en moyenne presque cinq fois plus qu’un don revendu en réseau solidaire. Les plateformes entre particuliers se situent à mi-chemin, avec l’avantage de la rapidité mais un prix moyen inférieur aux circuits physiques sélectifs.

Jeune homme photographiant une veste en jean vintage pour la vendre en ligne

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Vente en ligne ou vente physique : la part de marché de chaque circuit

L’idée selon laquelle la revente passe désormais par Internet mérite d’être confrontée aux volumes réels. Selon Refashion, 51 % des volumes de seconde main transitent encore par des canaux physiques, contre 31 % par Internet et 18 % via des modèles mixtes (omnicanaux).

Cette répartition a une conséquence directe pour un vendeur. Déposer ses vêtements en dépôt-vente, les confier à une friperie ou les apporter dans un corner de marque reste le circuit majoritaire en volume. Le passage par une plateforme numérique offre davantage de visibilité unitaire par annonce, mais ne garantit pas un meilleur rendement global.

Plateformes entre particuliers : rapidité contre effort

Vinted, Leboncoin ou Vestiaire Collective fonctionnent sur un principe simple : le vendeur photographie, décrit, fixe un prix et gère les échanges avec l’acheteur. Le coût d’entrée est nul ou quasi nul.

  • Le temps de préparation par annonce (photos, description, réponses, expédition) représente souvent plusieurs minutes par pièce, ce qui pèse pour un dressing entier
  • Le prix moyen de 9,40 € par pièce reflète la pression à la baisse exercée par l’offre abondante sur ces plateformes
  • Les pièces de luxe ou de créateurs trouvent mieux leur public sur des plateformes spécialisées comme Vestiaire Collective, où l’authentification rassure l’acheteur

Programmes de reprise en magasin : le canal en forte croissance

Selon les données relayées par TF1 Info, les marques et enseignes constituent le canal connaissant la plus forte progression. De plus en plus d’enseignes proposent un bon d’achat ou un paiement direct contre un sac de vêtements déposé en boutique.

Pour le vendeur, l’avantage est double : aucune gestion logistique et un prix par pièce généralement supérieur à celui des plateformes entre particuliers. En revanche, ces programmes ciblent souvent leurs propres marques ou des pièces en bon état, ce qui exclut une partie du dressing.

Vendre des vêtements de luxe et accessoires : un marché à part

Sacs, accessoires de créateurs et pièces de luxe obéissent à une logique différente. La confiance de l’acheteur repose sur l’authentification, et les plateformes spécialisées captent la valeur que les sites généralistes ne peuvent garantir.

Vestiaire Collective, par exemple, vérifie chaque pièce avant expédition. Ce contrôle qualité permet de fixer un prix de revente bien plus élevé, parfois proche de la moitié du prix neuf pour un article en excellent état. Les dépôts-vente physiques spécialisés dans le luxe fonctionnent sur le même principe, avec une commission prélevée à la vente.

Pour des pièces courantes (fast fashion, marques d’entrée de gamme), ce circuit n’a pas d’intérêt. Le tri préalable entre pièces valorisables et pièces ordinaires détermine le canal le plus rentable.

Deux femmes parcourant un stand de vêtements d'occasion dans un marché aux puces en plein air

Services de vente déléguée : confier ses vêtements à un tiers

Un segment intermédiaire s’est développé : des services où une personne ou une structure prend en charge l’intégralité du processus. Le vendeur dépose ou fait récupérer ses vêtements, et le prestataire s’occupe du tri, des photos, des annonces, des réponses et de l’expédition.

Ce type de service (comme Reusses, qui revendique plus de 110 000 vêtements revendus) fonctionne sans avance de frais. Le vendeur perçoit un pourcentage du prix de vente, généralement compris entre 30 % et 70 % selon les prestataires.

  • L’avantage principal est le gain de temps : aucune gestion d’annonce, de négociation ni de colis
  • Le pourcentage reversé au vendeur est inférieur à ce qu’il obtiendrait en vendant seul, ce qui constitue le coût réel du service
  • Ce circuit convient surtout aux personnes disposant d’un volume important de pièces à vendre et peu de temps disponible

Quel canal choisir selon le type de pièce

Le choix du circuit dépend moins d’une préférence personnelle que de la nature des vêtements à vendre. Une pièce de qualité ou de marque reconnue a tout intérêt à passer par un canal sélectif (friperie, corner de marque, plateforme spécialisée) où le prix moyen par pièce est le plus élevé.

Les vêtements courants, portés régulièrement et de marques grand public, se vendent plus vite sur les plateformes généralistes, malgré un prix moyen plus bas. Le volume compense alors la marge unitaire.

Le marché français de la seconde main a progressé de 5 % en volume en 2025, ce qui signifie que la demande existe sur tous les circuits. La différence se joue sur le prix obtenu par pièce et le temps que le vendeur accepte d’investir. Les données Refashion montrent que ce choix peut faire varier le revenu du simple au quintuple pour un même vêtement.